
Le Kyushu, quelques jours tout en douceur
Une colonne vertébrale nord-sud le long de l'île : un sanctuaire de l'espoir, un port à la fenêtre ouverte, un château que l'on soigne, et une ville sous un volcan
Dernière vérification : 2026-07-21
À qui ce plan convient
- Première foisConvient bien
- Déjà venu(e)Idéal
- Avec enfantsConvient bien
- En soloIdéal
- En coupleIdéal
- Rythme douxConvient bien
Mild much of the year; spring and autumn are most comfortable, and the volcanic onsen are welcoming in winter.
Le Kyushu est l'île du sud-ouest du Japon, celle que beaucoup de premiers voyages laissent discrètement de côté en filant vers Kyoto, et c'est justement pour cela qu'elle reste si chaleureusement elle-même, de plus en plus paisible à mesure que l'on descend vers le sud. La belle façon de la parcourir, c'est de suivre sa colonne vertébrale. Le Shinkansen du Kyushu descend presque tout droit l'île du nord au sud : plutôt que de faire des allers-retours depuis un seul point de chute, je laisserais le voyage suivre la pente. On commence tout au nord à Fukuoka, on glisse vers l'ouest pour une nuit à Nagasaki, puis on prend le train à grande vitesse vers le sud, à travers Kumamoto et la grande caldeira d'Aso, jusqu'à Kagoshima et son volcan fumant de l'autre côté de la baie. La plupart des gens arrivent à la gare de Hakata, à Fukuoka, où atterrit le Shinkansen venu de Honshu, ou atterrissent à l'aéroport de Fukuoka, à cinq petites minutes de métro du centre-ville. Depuis cette porte du nord, l'île se déroule vers le sud, droit devant vous.
Le seul petit accroc, en toute honnêteté, c'est Nagasaki : la ville se trouve à l'écart, vers l'ouest, sans ligne ferroviaire propre vers le sud. On l'atteint donc depuis Fukuoka et l'on repasse une fois par la bifurcation avant de repartir vers le sud. Je le prendrais comme une partie du rythme plutôt que de lutter contre : une nuit vers l'ouest pour l'un des plus beaux ports du Japon, puis l'on s'engage sur la descente vers le sud. Je vais vous détailler comment je me déplacerais, quelles places réserver et où je dormirais chaque nuit, et vous pourrez démonter les morceaux et les remonter comme votre voyage le souhaite.
Où poser vos valises
Ce bloc se déplace avec vous le long de l'île : la question n'est donc pas tant quel point de chute que où dormir chaque nuit à mesure que vous descendez vers le sud.
Fukuoka, pour commencer, autour de la gare de Hakata. C'est ici que partent le Shinkansen, le Relay Kamome vers Nagasaki et tous les trains vers le sud, et c'est à peine cinq minutes de métro de l'aéroport : l'endroit idéal, sans friction, pour se poser et s'élancer. Le centre-ville de Tenjin est l'alternative, plus animée le soir et point de départ de la ligne Nishitetsu vers Dazaifu ; le métro relie les deux en quelques minutes.
Nagasaki, pour une nuit, près de la gare ou vers le port, du côté de Shianbashi. Nagasaki réserve son spectacle le plus célèbre, la vue nocturne depuis le mont Inasa, pour la nuit tombée : elle récompense donc ceux qui restent dormir. Montez admirer les lumières, dormez, et reprenez le voyage au matin. Si vous préférez ne pas changer de point de chute, elle fonctionne aussi comme un long aller-retour dans la journée depuis Fukuoka, en échangeant la vue nocturne contre un bagage plus léger.
Kumamoto, comme charnière du sud. Une nuit ici met le château à votre porte et rend facile la sortie du matin vers le mont Aso. Le secteur de la gare de Kumamoto ou celui, central, de Karashima-cho près des tramways conviennent tous deux, reliés par le tramway de la ville.
Kagoshima, à l'extrémité sud, autour de la gare de Kagoshima-Chuo ou près du front de mer. C'est le terminus du parcours, avec Sakurajima qui fume de l'autre côté de la baie. Le front de mer vous rapproche du ferry, la gare du Shinkansen pour le retour vers le nord. Où que vous dormiez, la colonne vertébrale reste le Shinkansen : une dérive à sens unique vers le sud se fait donc facilement. La seule nuit pour laquelle vous revenez sur vos pas, c'est Nagasaki.
Déplacements et billets
Le Kyushu se parcourt avec un mélange confortable : passez une carte IC pour les courts trajets locaux, et gardez un billet réservé pour les longues courses rapides le long de la colonne vertébrale. Réglez cette distinction tôt et le reste est facile.
La carte IC d'abord. C'est une carte à puce prépayée et rechargeable : on la passe à l'entrée d'une gare, on la passe à la sortie, et le tarif est calculé pour vous. Les cartes maison du Kyushu sont SUGOCA (JR Kyushu), nimoca (Nishitetsu) et Hayakaken (le métro de Fukuoka), mais vous n'avez pas besoin d'une carte locale : une Suica ou une ICOCA venue d'ailleurs fonctionne partout ici aussi, car elles font toutes partie du système d'interopérabilité national du Japon. Pour ce voyage, une carte IC couvre le métro de Fukuoka, le train et les bus Nishitetsu vers Dazaifu, les tramways de Nagasaki, ceux de Kumamoto et le ferry de Sakurajima : en somme, chaque petit trajet une fois qu'un train vous a déposé dans une ville. Une petite caution remboursable est incluse dans une carte neuve et vous est rendue lorsque vous la restituez (le montant figure dans l'encadré pratique).
La colonne vertébrale demande des billets réservés, pas de simples passages. Une carte IC ne fait pas monter à bord du Shinkansen à elle seule, et les courses rapides le long de l'île, Hakata vers Kumamoto, Kumamoto vers Kagoshima, sont des tronçons de Shinkansen pour lesquels vous gardez un billet à part (sur un express limité, la carte IC ne couvre que le tarif de base). Deux points valent la peine d'être bien compris :
- Vers l'ouest jusqu'à Nagasaki, il y a une correspondance. Depuis l'ouverture du Nishi-Kyushu Shinkansen en 2022, il n'y a plus de train direct : vous prenez l'express limité Relay Kamome de Hakata à Takeo-Onsen, puis vous traversez le même quai pour monter dans le Nishi-Kyushu Shinkansen jusqu'à destination (les vieux guides qui promettent un seul « Kamome » direct depuis Hakata ne sont plus à jour). Et comme Nagasaki n'a pas de ligne propre vers le sud, le jour où vous la quittez pour Kumamoto, vous repassez une fois par la bifurcation : ce petit retour en arrière n'est que la forme de l'île.
- Pour monter au mont Aso, attention aux horaires. Le rapide express limité de Kumamoto vers Aso, par la ligne Hohi, ne circule que quelques fois par jour. Si vous le manquez, un train local met plus de temps, avec un changement à Higo-Ozu. (La ligne Hohi n'a rouvert entièrement qu'en 2020, après que le séisme de 2016 l'eut coupée pendant quatre ans.) Je planifierais la journée d'Aso autour de ces départs plutôt que de supposer qu'un train attend toujours.
Avez-vous besoin d'un pass ferroviaire ? Sur cet itinéraire, cela vaut la peine de faire le calcul sérieusement, car vous enchaînez plusieurs longs tronçons JR : le JR Kyushu Rail Pass (version All-Kyushu) couvre le Shinkansen du Kyushu de Hakata jusqu'à Kagoshima en passant par Kumamoto, le Relay Kamome et le Nishi-Kyushu Shinkansen vers Nagasaki, ainsi que le Sonic vers Beppu. Deux réserves : il ne couvre pas la ligne Nishitetsu vers Dazaifu (un chemin de fer privé : passez votre carte IC), ni le Sanyo Shinkansen si vous arrivez de Honshu. Les tarifs actuels figurent dans l'encadré pratique ; je comparerais vos tronçons réels avec le prix du pass.
Une fois dans une ville, c'est facile. Nagasaki fonctionne avec un charmant tramway à tarif unique ; Kumamoto a son propre tram vers le château ; le ferry de Sakurajima, à Kagoshima, circule jour et nuit, une quinzaine de minutes pour traverser la baie ; et Dazaifu comme le centre de Fukuoka se parcourent à pied une fois le train vous ayant déposé. Les chiffres qui évoluent (tarifs exacts des trams et du ferry, statut d'accès au cratère d'Aso, droits d'entrée) figurent dans la rubrique « Bon à savoir » de chaque guide relié, car ce sont les plus susceptibles de bouger.
Fukuoka et Dazaifu : un sanctuaire de l'espoir, puis les étals de rue

Je commencerais tout en douceur, à Fukuoka, pour filer à Dazaifu dans l'après-midi. Dazaifu Tenmangu est l'un des sanctuaires les plus aimés de tout le Japon, et il vaut la peine d'en comprendre la raison avant d'y aller : il est bâti sur la tombe d'un brillant lettré injustement exilé ici il y a mille ans, devenu Tenjin, la divinité du savoir. Les gens qui marchent à vos côtés sur l'allée d'accès sont donc très souvent des élèves et des parents venus prier avant un examen. Il y a là une tendresse que l'on ressent. Le beau geste, ici, est simple et facile : marchez doucement sur l'allée, touchez le bœuf de bronze si vous le souhaitez (on le caresse pour la sagesse), et laissez les plaquettes votives ema tranquilles : elles portent de vrais espoirs. Puis retour à Fukuoka pour la soirée, quand les étals de rue en plein air de la ville s'ouvrent sous leurs rideaux de tissu et que des inconnus finissent épaule contre épaule ; cette chaleur est un accueil à part entière.
- MatinArriver à Fukuoka, déposer les bagagesLa plupart des gens rejoignent le Kyushu par la gare de Hakata, où atterrit le Shinkansen Sanyo/Kyushu venu de Honshu, ou atterrissent à l'aéroport de Fukuoka, exceptionnellement proche : le métro relie l'aéroport à Hakata en cinq minutes environ. Laissez vos bagages près de la gare et vous voilà parés pour l'après-midi. Les horaires et tarifs du Shinkansen figurent dans les encadrés pratiques.
- 13:00Vers Dazaifu avec le NishitetsuDepuis Hakata, prenez le métro quelques minutes jusqu'à Tenjin (le nœud Nishitetsu), puis le train Nishitetsu vers Dazaifu : en général un express limité jusqu'à Nishitetsu-Futsukaichi et un changement pour la courte branche de la ligne Dazaifu, ou le train touristique direct « Tabito » quand il circule. Vous passez votre carte IC aux portiques (le JR pass ne couvre pas cette ligne privée). Guide relié : Dazaifu Tenmangu.
- Après-midiL'allée, le bœuf, le sanctuaireDepuis la gare de Dazaifu, une allée courte et animée bordée de boutiques mène, sous le torii, jusqu'au sanctuaire : c'est là que vous rencontrerez le fameux umegae mochi, un gâteau à la pâte de haricots grillé. Traversez le pont vermillon en arc, trouvez le honden parmi les pruniers, et marchez doucement : c'est un sanctuaire de l'espoir bien vivant, très fréquenté par les élèves. Derrière, un tunnel à escalators mène au musée national du Kyushu si vous avez le temps. Les détails qui évoluent figurent dans le « Bon à savoir » du guide.
- SoirLes étals yatai de FukuokaDe retour en ville, Fukuoka est réputée pour ses yatai, ces étals en plein air qui se déploient le long des rues de Nakasu et de Tenjin à la tombée du jour, servant sous des rideaux de tissu ramen de Hakata, oden, yakitori et bien d'autres choses. On y est assis côte à côte, tout près les uns des autres, et c'est tout le charme de la chose : vous vous installez à côté d'inconnus et vous finissez souvent par discuter. (Fukuoka n'a pas encore de guide WMJS à elle seule ; je vous y oriente donc plutôt que d'y renvoyer par un lien.)
Nagasaki : l'unique fenêtre ouverte du Japon

Aujourd'hui, vous glissez vers l'ouest, dans une ville qui ne ressemble à nulle autre au Japon. Pendant plus de deux siècles, alors que le pays se tenait fermé, Nagasaki a gardé l'unique fenêtre restée ouverte : un minuscule comptoir commercial néerlandais en forme d'éventail, Dejima, et un quartier chinois à ses côtés. Le lieu a ainsi grandi en mêlant les influences japonaise, chinoise et européenne pour en faire quelque chose de tout à fait singulier, un mélange que les habitants appellent encore wa-ka-ran. On le goûte dans les nouilles champon, on le voit dans les églises à flanc de colline, et l'on sent son autre histoire, plus lourde, au Parc de la Paix, où un silence descend sur chacun. Je donnerais à la ville une journée entière et je resterais pour la vue nocturne depuis le mont Inasa : les lumières se répandant dans la vallée du port comptent depuis longtemps parmi les vues nocturnes célèbres du Japon, et c'est pour cela que Nagasaki récompense ceux qui y passent la nuit. C'est un pas vers l'ouest, à l'écart de la colonne vertébrale qui descend vers le sud, et il vaut chaque minute du détour.
- MatinVers l'ouest sur le Nishi-Kyushu ShinkansenDepuis Hakata, l'express limité Relay Kamome rejoint Takeo-Onsen, où vous traversez tout droit le même quai pour monter dans le Nishi-Kyushu Shinkansen Kamome jusqu'à Nagasaki : environ une heure et demie en tout. Un seul billet couvre l'ensemble du trajet si vous ne franchissez pas les portiques à la correspondance ; rappelez-vous qu'une carte IC seule ne fait pas monter à bord du Shinkansen. Les horaires et la recherche d'itinéraire figurent dans l'encadré pratique.
- Fin de matinéeDejima et le quartier chinoisLe vieux tramway de Nagasaki (tarif unique, carte IC acceptée) est le moyen le plus simple de se déplacer. Commencez par Dejima, l'île commerciale néerlandaise reconstituée où la fenêtre est restée ouverte, puis le quartier chinois de Shinchi à côté : le berceau du champon et du sara-udon, les plats nés de ce brassage. Guide relié : Nagasaki.
- Après-midiLe Parc de la Paix, puis le jardin GloverPrenez le tram vers le nord jusqu'au Parc de la Paix et au musée de la bombe atomique, un lieu où l'on va avec calme et lenteur ; les gens baissent la voix sans qu'on le leur demande, et je suivrais ce mouvement. Puis, vers le sud en tram, jusqu'à la colline du jardin Glover et à l'église d'Oura, l'ancien quartier des étrangers qui domine le port. C'est une journée qui tient ensemble l'ouverture de la ville et son chagrin.
- SoirLa vue nocturne depuis le mont InasaUn court trajet en bus depuis les environs de la gare rejoint le téléphérique du mont Inasa, et la vue depuis le sommet, les lumières de la ville lovées dans les collines sombres autour de la baie, est celle qui a fait la réputation de Nagasaki. Passez la nuit près du port et voici la raison. Les tarifs et horaires du téléphérique figurent dans le « Bon à savoir » du guide de Nagasaki.
Kumamoto : un château que l'on soigne, et la route vers Aso

Aujourd'hui, l'île bifurque vers le sud, et le Shinkansen en fait vite l'affaire, même si l'on repasse d'abord depuis Nagasaki pour retrouver la ligne descendante. L'arrêt, c'est Kumamoto, pour son château : compté parmi les trois grandes forteresses du Japon et porteur d'une histoire tendre et récente. Les séismes de 2016 l'ont gravement endommagé, et la longue restauration, menée à la vue de tous, est devenue quelque chose que la ville entière veille ensemble : le grand donjon a rouvert aux visiteurs tandis que se poursuivent les travaux sur les murs de pierre en courbe, échafaudages compris. Il y a quelque chose de discrètement émouvant dans un château que l'on soigne à découvert. Depuis Kumamoto, la ligne Hohi grimpe vers l'est dans les montagnes jusqu'au mont Aso, où vous pouvez vous tenir à l'intérieur de l'une des plus grandes caldeiras du monde : un vaste bol verdoyant, avec un volcan vivant et fumant en son cœur. Une note honnête pour Aso : le cratère est un volcan actif, et le rebord se ferme quand le niveau d'alerte monte ou que le gaz est trop présent. Je traiterais donc le fait de se tenir au bord comme un bonus, pas comme une promesse, et je vérifierais le statut du matin avant de monter.
- MatinVers le sud jusqu'à KumamotoEn quittant Nagasaki, vous revenez sur vos pas pour bifurquer vers le sud : le Nishi-Kyushu Shinkansen jusqu'à Takeo-Onsen, le Relay Kamome vers la bifurcation, puis le Shinkansen du Kyushu jusqu'à Kumamoto, en gros deux à deux heures et demie avec les correspondances. C'est le seul retour en arrière assumé du voyage, le prix à payer parce que Nagasaki n'a pas de ligne vers le sud. (Si vous avez sauté Nagasaki, Kumamoto se rejoint tout droit en une quarantaine de minutes vers le sud depuis Hakata.) Les horaires et la recherche d'itinéraire figurent dans les encadrés pratiques.
- Après-midiLe château de Kumamoto, murs comprisDepuis la gare de Kumamoto, le tram de la ville rejoint le château. Longez les grands remparts de pierre en courbe, ces fameux musha-gaeshi qui s'élancent pour décourager celui qui voudrait les gravir, et le donjon reconstruit, avec les réparations du séisme encore visibles autour de l'enceinte. C'est un château qui se lit autant qu'il se regarde : une forteresse, et une renaissance. Guide relié : Kumamoto Castle.
- OptionMonter au mont AsoAvec un départ matinal et un niveau d'alerte clément, l'express limité de la ligne Hohi grimpe jusqu'à Aso en un peu plus d'une heure (seulement quelques départs par jour, vérifiez donc les horaires). Là-haut : la plaine verte de Kusasenri, le vaste rebord de la caldeira et le cratère du Nakadake lorsqu'il est ouvert. Aso mérite pourtant vraiment sa propre journée : voyez la note « un jour de plus ». L'accès au cratère et le niveau d'alerte volcanique figurent dans les encadrés pratiques. Guide relié : Mount Aso.
- SoirUne nuit à KumamotoJe dormirais à Kumamoto, au centre, autour de la gare ou des lignes de tram. C'est la charnière du voyage : le château derrière vous, le grand sud ou le volcan devant vous, et un point de chute facile dans les deux cas.
Kagoshima : le sud chaleureux, sous un volcan

La colonne vertébrale s'achève dans le grand sud, à Kagoshima, une ville chaleureuse et ouverte qui vit à l'ombre d'un volcan. Sakurajima fume de l'autre côté de la baie, assez proche pour que la cendre saupoudre parfois les rues, et les gens d'ici ont tout simplement fait la paix avec lui : un ferry rejoint le volcan jour et nuit, de petits légumes réputés pour leur douceur poussent dans sa cendre, et il y a dans ce lieu une nonchalance méridionale qui semble à mille lieues de Fukuoka, là-haut au nord. Je traverserais jusqu'à Sakurajima même pour sentir combien un volcan en activité peut devenir ordinaire pour ceux qui vivent à ses côtés, puis je laisserais la ville chaleureuse porter le reste de la journée. C'est une belle façon de clore un voyage le long de l'île : d'un sanctuaire de l'espoir au nord à une montagne de feu au sud.
- MatinVers le sud jusqu'à KagoshimaLe Shinkansen du Kyushu relie Kumamoto à Kagoshima-Chuo en quarante-cinq minutes environ, le dernier tronçon de la colonne vertébrale descendante. Places réservées ou non réservées ; une carte IC ne fait pas monter à bord du Shinkansen, gardez donc un billet. Les horaires et la recherche d'itinéraire figurent dans l'encadré pratique.
- Fin de matinéeLa traversée vers SakurajimaDepuis le front de mer, le ferry de Sakurajima traverse jusqu'au volcan en une quinzaine de minutes et circule jour et nuit (carte IC acceptée). De l'autre côté, vous pouvez arpenter les champs de lave, tremper vos pieds dans un bain de pieds gratuit en regardant la ville, et vous tenir près d'une montagne qui respire encore. C'est le gros plan autour duquel Kagoshima est bâtie.
- Après-midiKagoshima elle-mêmeDe retour de l'autre côté de l'eau, la ville est paisible et se parcourt à pied. Le jardin Sengan-en met en scène Sakurajima comme un « paysage emprunté » au-delà de ses bassins, la vue d'un daimyo sur le volcan, et le front de mer comme les galeries commerçantes shotengai invitent à une flânerie facile. (Pas encore de guide WMJS pour Kagoshima ; je vous y oriente donc plutôt que d'y renvoyer par un lien.)
- SoirLe bout de la ligneKagoshima est le terminus sud des rails. D'ici, vous pouvez reprendre le Shinkansen vers le nord, repartir en avion, ou poursuivre en ferry vers Yakushima et les îles : voyez la note « prolonger » pour comprendre comment le bloc passe le relais.
Si vous avez un jour de plus
+1 jourQuelques directions s'ouvrent, et aucune n'est plus « juste » qu'une autre.
Le mont Aso, une journée entière depuis Kumamoto. Si se tenir à l'intérieur d'un volcan en activité vous attire plus que le trajet vers la pointe sud, je donnerais à Aso sa propre journée plutôt qu'un après-midi pressé : la ligne Hohi jusqu'à la vaste caldeira, la plaine verte de Kusasenri, et le rebord du cratère du Nakadake quand le niveau d'alerte le permet (il se ferme en cas de gaz volcanique ou d'alerte relevée : c'est donc à vérifier à l'avance, jamais une promesse). Certains voyageurs troquent Kagoshima contre Aso ; avec un jour de plus, vous pouvez avoir les deux.
Beppu et Yufuin, une coda onsen à l'est. Les sources chaudes les plus célèbres du Kyushu se trouvent sur la côte est : Beppu, où la vapeur monte tout droit des rues et où les sources ardentes, aux couleurs vives, sont appelées jigoku, des « enfers » que l'on vient contempler et non où l'on se baigne, et, à l'intérieur des terres, la ville-onsen plus paisible et jardinée de Yufuin. L'express limité Sonic relie la côte est en remontant vers Fukuoka : une nuit d'onsen fait donc une coda tout en douceur avant de repartir vers le nord. Je la traiterais comme une fin, pas comme un détour en cours de route, car elle se trouve à l'écart de la colonne vertébrale du sud.
Ibusuki, au sud de Kagoshima, pour ses bains de sable naturels : on vous ensevelit dans du sable noir chauffé par le volcan au bord de la mer, le cousin méridional de ceux de Beppu. Une courte descente le long de la ligne depuis Kagoshima, et une façon douce et fumante d'atteindre le tout au bout de l'île.
S'il vous manque un jour
−1 jourSi le temps vous manque, la colonne vertébrale se replie sans perdre sa forme. La coupe la plus simple est de vous arrêter à Kumamoto plutôt que de poursuivre vers le grand sud : Fukuoka et Dazaifu, une nuit à Nagasaki et le château de Kumamoto composent trois ou quatre jours bien remplis dans la moitié nord. Ou, si c'est le sud que vous cherchez, sautez le détour de Nagasaki vers l'ouest et descendez tout droit la colonne vertébrale, de Fukuoka à Kumamoto puis Kagoshima, pour les volcans et la chaleur du sud. Et si vous n'avez que quelques jours pour le nord, la forme compacte tient toujours : Fukuoka et Dazaifu, puis Nagasaki pour son port ou Beppu pour ses onsen, gardés comme des sorties faciles depuis la ville. Ce à quoi je résisterais, c'est vouloir parcourir l'île entière d'un bout à l'autre en trois jours ; le Shinkansen est rapide, mais les lieux demandent un peu de temps.
Prolonger le voyage à partir d'ici
Plus loinCe bloc court sur toute la longueur du Kyushu : il passe donc le relais aux deux extrémités. Au nord, depuis Fukuoka/Hakata, le Sanyo Shinkansen vous ramène vers Honshu ; Hiroshima et Miyajima forment un bloc suivant tout naturel, et Shin-Osaka comme les villes du Kansai sont à quelques heures de là ; les services directs « Mizuho » et « Sakura » relient Hakata directement à cette ligne. Au sud, Kagoshima est le bout des rails mais pas du Japon : des ferries partent d'ici vers les antiques forêts de cèdres de Yakushima et descendent l'archipel vers Okinawa, un bloc à part, plus lent, à lui seul. Rappelez-vous seulement que le Shinkansen exige son propre billet réservé (une carte IC ne vous fera pas monter), et que le pass JR Kyushu s'arrête à la frontière du Kyushu : une course vers Honshu est donc un tarif à part.
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Sources
- JR Kyushu - recherche officielle d'itinéraire et de prix et réservations (en anglais)
- JR Kyushu - Rail Pass (couverture All / Northern / Southern Kyushu)
- JR Kyushu - Relay Kamome / Nishi-Kyushu Shinkansen (officiel)
- JR Kyushu - Express limité Sonic (officiel)
- JR Kyushu - Carte SUGOCA et caution (officiel)
- JR Kyushu - Zone d'utilisation de la SUGOCA et règle inter-zones (officiel)
- JR West - Sanyo & Kyushu Shinkansen (Mizuho/Sakura), officiel
- Nishitetsu (Nishi-Nippon Railroad) - tourisme et accès (officiel)
- Aéroport de Fukuoka - accès (officiel)
- Ministère de l'Environnement, Bureau régional du Kyushu - réouverture complète de la ligne JR Hohi (8 août 2020)
- Agence météorologique du Japon - Avertissements et niveaux d'alerte volcaniques (1-5)
- Ministère de l'Environnement - Centre des visiteurs du mont Aso (accès au cratère et consignes de niveau d'alerte)
- Centre des visiteurs de Sakurajima - Accès / Ferry de Sakurajima (officiel)
- Visit Kagoshima City (site touristique officiel) - Ferry de Sakurajima
- Dazaifu Tenmangu (officiel)
- Tramway électrique de Nagasaki (officiel)
- Téléphérique de Nagasaki / mont Inasa - tourisme officiel de la ville de Nagasaki